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Responsabilité sociale et environnementale (RSE) : Un engagement avant toute chose

La responsabilité sociale et environnementale, ou RSE, est une préoccupation majeure depuis quelques années. Elle se définit par l’engagement des entreprises qui incorporent volontairement des critères sociaux, environnementaux et éthiques dans le cadre de leurs activités économiques et leurs interactions avec toutes les parties prenantes, qu’elles soient internes (cadres dirigeants, employés, actionnaires, etc.) ou externes (fournisseurs, clients, etc.).

RSE : nécessité de publier les informations

Après la crise financière de 2008, de nombreux experts et chefs d’entreprise ont fait savoir la nécessité d’appliquer une RSE plus solide dans l’optique de repenser le modèle d’entreprise du XXIe siècle et de créer de nouvelles dynamiques en matière de croissance durable et inclusive, en conciliant exigences de compétitivité et responsabilité sociale. Ces dernières années, l’application de législations au niveau national rendant obligatoire pour les grandes entreprises et les investisseurs la divulgation d’informations extra-financières, ainsi que le développement de labels, ont constitué des bases solides en matière de RSE et ISR dans tous les pays de l’OCDE. Dans le nord de l’Europe, par exemple, la publication de rapports sur le développement durable est devenue obligatoire en Suède pour les entreprises publiques en 2009, avant d’être imposée l’année suivante au Danemark à toutes les grandes entreprises. Le continent reste néanmoins peu homogène, certains pays à l’instar de l’Allemagne n’appliquant ces obligations de reportings qu’à titre volontaire et non obligatoire. Très tôt, dès 2001, la France a imposé la publication d’informations ESG à toutes les entreprises cotées avant d’élargir l’obligation en 2011 à l’ensemble des grandes entreprises.

Performances économiques et financières : un différentiel moyen de 13 %

En parallèle, l’analyse des critères déterminants de RSE, et en particulier le lien entre RSE et performance financière, occupe aujourd’hui une place considérable dans la recherche universitaire. À titre d’exemple, en France, une étude menée auprès de quelque 8 500 entreprises françaises avec un effectif minimum de 10 salariés (PME incluses), analysant plusieurs aspects RSE (environnement et éthique, ressources humaines, relations clients et relations fournisseurs), révèle un écart moyen de 13 % entre les performances économiques et financières des entreprises qui adoptent des pratiques RSE et celles des autres, avec un différentiel allant de 5 % pour le critère « relations clients » à 20 % en ce qui concerne l’aspect « ressources humaines ».

Loin de chercher à accumuler les « meilleures pratiques », les entreprises les plus performantes semblent se tourner vers une complémentarité des pratiques RSE en adoptant une approche qualitative plutôt qu’une approche purement quantitative dans l’intention d’obtenir des synergies positives et une cohérence globale ; une tendance qui se retrouve parmi les pays d’Europe et autres pays de l’OCDE (Crifo, Diaye & Pekovic, 2016 ; Benhamou, Diaye & Crifo, 2016 ; Cavaco & Crifo, 2014, 2015). Cette approche ne se limite pas aux sociétés cotées. En effet, depuis une dizaine d’années, l’industrie du capital-investissement montre également un intérêt croissant en matière de RSE, les entreprises ayant aujourd’hui beaucoup à perdre de pratiques socialement irresponsables (Crifo, Forget & Teyssier, 2015 ; Crifo and Forget, 2012).

Références :

Benhamou S., Diaye MA., Crifo P. 2016. RSE et compétitivité. Evaluation et approche stratégique. Etude France Stratégie. 150 pages Cavaco S., Crifo P. 2014. CSR and Financial Performance: Complementarity between Environmental, Social and Business Behaviours. Applied Economics. 46(27): 3323-3338.

Crifo P., Diaye MA., Pekovic, S. 2016. CSR related management practices and Firm Performance: An Empirical Analysis of the Quantity- Quality Trade-off on French Data. International Journal of Production Economics. 171( 3): 405–416. Crifo P., Forget V., Teyssier S. 2015. The Price of Environmental, Social and Governance Practices Disclosure: An experiment with professional private equity investors. Journal of Corporate Finance. 30: 168-194.

Crifo P., Forget V. 2012. Think global, invest responsible: why the private equity industry goes green. Journal of Business Ethics. 116(1): 21-48.