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Optimiser le potentiel par le biais de l’externalisation auprès d’ACD

09/06/2020

Compte tenu de l’environnement actuel fortement réglementé, les investisseurs institutionnels veulent être certains que leurs gestionnaires de fonds adoptent les meilleures pratiques du secteur. Si tel n’est pas le cas, les gestionnaires pourraient passer à côté de mandats lucratifs ou, dans le pire des scénarios, voir les capitaux investis être retirés.

Un nombre croissant de gestionnaires d’actifs travaillent donc avec des experts fiduciaires et réglementaires indépendants comme les administrateurs de société agréés (ACD*, Authorised Corporate Directors) au Royaume-Uni, ou les sociétés de gestion dans l’Union européenne (UE). Ce faisant, ils s’assurent du fait que les décisions importantes relatives aux fonds sont prises dans l’intérêt des investisseurs finaux.

Adopter les meilleures pratiques grâce aux ACD

Les ACD jouent un rôle essentiel sur le plan fiduciaire. L’une de leurs principales missions consiste à effectuer des évaluations de suivi initiales et permanentes du fonds, lesquelles comprennent généralement le suivi de la gestion des investissements, des processus opérationnels, de la conformité réglementaire et de la performance des prestataires de services. « Les ACD/sociétés de gestion indépendants ont un rôle clé sur le plan fiduciaire et, dans l’idéal, ils devraient être totalement autonomes vis-à-vis des gestionnaires d’actifs et des distributeurs de fonds, afin de leur permettre de mener à bien leur mission de suivi sans biais, tout en évitant les conflits d’intérêts. L’unique priorité des ACD est de veiller aux intérêts des investisseurs dans le fonds », déclare Kevin Lavery, directeur général pour l’Irlande et directeur opérationnel pour le Royaume-Uni et l’Europe chez Equity Trustees. L’indépendance des ACD à l’égard du gestionnaire est particulièrement attrayante aux yeux des investisseurs prudents, à l’instar de leur expertise approfondie du secteur.

Historiquement, la fonction de suivi et de gouvernance assurée par l’ACD était normalement remplie par les gestionnaires d’actifs. Bien qu’un certain nombre de gestionnaires britanniques aient depuis décidé de confier ces missions à des ACD indépendants, quelques sociétés d’investissement continuent d’internaliser ce processus. De nombreux ACD/sociétés de gestion internes ne disposent tout simplement pas de l’expérience requise, tandis que d’autres ne sont pas pleinement conscients de leurs responsabilités. Dans certains cas, les personnes chargées de superviser les administrateurs de fonds, les auditeurs, les conservateurs ou les dépositaires ne sont pas suffisamment qualifiées pour le faire.

À l’inverse, les ACD/sociétés de gestion indépendants spécialisés peuvent s’appuyer sur une vaste expérience et une connaissance approfondie du secteur.

Une source de réduction des coûts pour les gestionnaires d’actifs

Par ailleurs, l’argumentaire en faveur de l’externalisation des activités ne générant pas de revenus n’a jamais été aussi solide pour les gestionnaires d’actifs. Si le volume total des actifs sous gestion du secteur a grimpé à 71 800 milliards en 2018, les frais ont baissé de près de 20 % sur les cinq dernières années, tandis que les dépenses en matière de réglementation, de back-office et de technologie représentent désormais plus de 30 % de l’ensemble des coûts selon Casey Quirk et McLagan1. « Les ACD/sociétés de gestion comme Equity Trustees ont un bilan sain, ce dont les gestionnaires peuvent tirer parti du point de vue de l’adéquation des fonds propres. Grâce à la solidité de notre infrastructure et à notre flexibilité, nous permettons aux gestionnaires d’actifs d’investir davantage dans les activités génératrices de revenus de leur entreprise ou de redéployer les collaborateurs habituellement impliqués dans les opérations vers des fonctions liées à la gestion des investissements ou à la distribution », ajoute Kevin Lavery. Les sociétés de taille restreinte et les start-up ont été affectées de manière disproportionnée par la hausse des coûts d’exploitation d’une activité de gestion d’actifs institutionnels. Il est désormais considérablement plus difficile pour les entreprises de gérer une activité durable en raison de l’entrée en vigueur de réglementations européennes telles que la directive sur les gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs (AIFM), la directive OPCVM V, la directive concernant les marchés d’instruments financiers (MiFID II) et les règles relatives aux produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance (PRIIP). Les coûts nécessaires pour répondre aux exigences en matière de gouvernance et de suivi commencent à particulièrement peser sur les entreprises de plus petite taille, lesquelles sont de plus en plus nombreuses à externaliser leurs fonctions de suivi auprès d’ACD/de sociétés de gestion indépendants spécialisés. M. Lavery précise toutefois qu’un nombre croissant de grands gestionnaires d’actifs font appel aux services d’ACD/de sociétés de gestion indépendants. L’un des principaux avantages des sociétés de gestion européennes est qu’elles permettent aux gestionnaires d’actifs basés en dehors de l’UE d’accéder au marché unique et de distribuer leurs produits dans l’ensemble des 27 États membres sans avoir à investir dans l’immobilier. Il en sera de même pour les sociétés d’investissement souhaitant distribuer leurs produits au Royaume-Uni une fois le Brexit acté. Kevin Lavery estime qu’Equity Trustees est idéalement positionnée pour faire face à toute éventualité causée par le Brexit. « Nous avons un ACD britannique ainsi qu’une entité agréée par la Banque centrale d’Irlande, donc notre groupe est bien préparé pour le Brexit. Cependant, lorsque nous rencontrons un nouveau client, il n’est jamais question dans un premier temps des différents choix de domiciliation. Nous souhaitons d’abord connaître et comprendre le modèle de distribution du client ainsi que le profil d’investisseur souhaité avant de pouvoir recommander un pays de domicile ».

Faire face à l’opinion

La liquidation récente d’un OPCVM en actions britannique renommé a placé le modèle des ACD indépendants sous le feu des projecteurs, en particulier celui des investisseurs et des autorités de réglementation. De fait, la Financial Conduct Authority (FCA) britannique a ouvert une enquête sur les ACD indépendants et évalue actuellement si ces prestataires de services sont exposés à un risque de conflit d’intérêts, notamment s’ils sont rémunérés par le gestionnaire qu’ils sont censés surveiller. Les critiques du modèle des ACD indépendants ont laissé entendre que certains d’entre eux pouvaient se montrer hésitants à interroger les gestionnaires d’actifs de peur de compromettre la relation commerciale2. Selon Kevin Lavery, il est essentiel que les ACD/sociétés de gestion indépendants disposent de processus de suivi solides en toutes circonstances. « Nous avons mis en place des mesures strictes. Par exemple, nous effectuons un contrôle des liquidités de nos gestionnaires depuis un certain nombre d’années maintenant. Nous consacrons donc beaucoup de temps aux sujets de gouvernance des produits. Si un gestionnaire nous indique vouloir lancer un fonds dédié à la prise de positions longues sur des actions de grande capitalisation, nous nous assurerons du fait que le mandat soit restreint en conséquence lorsqu’il est proposé aux investisseurs. Par ailleurs, nous resterons en contact permanent avec les gestionnaires pour qu’ils nous confirment qu’il n’y a pas eu de glissement de style », ajoute Kevin Lavery.

Si les ACD indépendants sont soumis à une pression réglementaire, la quasi-totalité des experts du secteur s’accorde pour dire que le modèle constitue une meilleure pratique et est nettement moins exposé au risque de conflit d’intérêts qu’un ACD interne par exemple.

En tant que fournisseur d’ACD/de société de gestion indépendant, je me réjouis de l’examen thématique entrepris par la FCA sur les ACD indépendants. J’estime cependant que la FCA devrait envisager d’étudier le marché des ACD dans son ensemble, y compris en ce qui concerne les gestionnaires d’actifs qui disposent d’ACD en interne. 

 

*ACD : administrateur de société agréé (Authorised Corporate Director)

(1) Casey Quirk/McLagan (25 juin 2019) Rising non-compensation costs contribute to margin erosion for asset managers (Les gestionnaires d’actifs voient leurs marges diminuer en raison de la hausse des coûts hors rémunération).
(2) Financial Times (11 janvier 2020) FCA begins probe of asset management’s crucial ACD market (La FCA ouvre une enquête sur le marché des ACD, essentiel pour le secteur de la gestion d’actifs).

 

KEVIN LAVERY
Directeur général (Irelande) &  Directeur opérationnel (Royaume-Uni et Europe)
Equity Trustees

Kevin travaille dans le secteur financier depuis 2003, année durant laquelle il a rejoint GAM Fund Management à Dublin en tant que comptable de fonds. Il a ensuite intégré la Bank of New York à Londres avant de travailler chez BDO Stoy Hayward Investment Management en qualité de comptable senior de hedge fund. Il a par la suite été promu aux postes de directeur des opérations et responsable de la due diligence opérationnelle. Kevin a rejoint Fund Partners en 2013 et est devenu co-directeur général en février 2015, supervisant l’ensemble du développement stratégique et opérationnel de l’entreprise avec James Gardner. Il a établi Equity Trustees (Royaume-Uni et Europe) en janvier 2017 et coordonne la stratégie du Groupe relative aux opérations et à la conformité ainsi que les différentes fonctions des filiales réglementées (suivi des fournisseurs, suivi de la gestion déléguée, gestion des risques de portefeuille, audits et services généraux).

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