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La Covid-19, le grand accélérateur

22/03/2021

Il y a un an, nous commencions tout juste à comprendre la véritable ampleur de la pandémie mondiale et je pense que peu d’entre nous se seraient attendus à vivre encore sous une forme de confinement un an plus tard. Il ne fait aucun doute que beaucoup d’entre nous ont connu des situations difficiles sur le plan personnel mais étonnamment, pour le secteur de l’investissement, il n’y a pas eu de répercussions majeures.

En premier lieu, le secteur s’est immédiatement adapté au télétravail et malgré les péripéties de la pandémie, les marchés ont continué à fonctionner correctement. En second lieu, la pandémie nous a permis de mener une expérience pour le moins extrême sur le télétravail et en tant qu’investisseurs, celle-ci nous a appris qu’un environnement de travail plus flexible peut être propice à une meilleure exécution des tâches d’investissement. Nous avons constaté que le rythme idéal est, disons, 3 jours de travail au bureau pour s’assurer que les équipes se rencontrent et créent du lien, et quelques jours en télétravail lorsque l’on a besoin d’un endroit calme propice à la réflexion et à la recherche. Je crois que cette expérience a favorisé une plus grande créativité au sein de notre pôle investissement.

Du point de vue des marchés, nous décrivons la Covid 19 comme le grand accélérateur de tendances qui étaient déjà présentes - à savoir des taux bas, des finances publiques tendues, des bouleversements technologiques et un intérêt accru porté aux questions environnementales. Il est intéressant de noter que loin de s’inverser, ces tendances se sont toutes accentuées avec la pandémie :

Alors que l’activité économique était mise à l’arrêt, les taux d’intérêt ont baissé considérablement, forçant les investisseurs à prendre davantage de risques dans leur quête de revenus. Parallèlement, les niveaux d’endettement ont bondi en réaction à la Covid-19 et d’aucuns s’interrogent désormais sur le risque d’un regain d’inflation qui pourrait contraindre les banques centrales à cesser leur cycle d'abaissement des taux et mener à une réévaluation des obligations. Alors que nous nous attendions à une hausse cyclique de l’inflation, des signes continuent de témoigner de capacités inutilisées sur le marché du travail, de sorte que nous pensons que les inquiétudes au sujet d’une inflation excessive sont exagérées. En outre, même si une plus forte inflation est parfois mise en avant comme solution aux niveaux élevés d’endettement, l’expérience de l’Italie et du Japon montre que les niveaux élevés d’endettement n'ont pas entraîné d’inflation. En fait, leur expérience indique que les banques centrales doivent maintenir des taux d'intérêt bas pour aider les gouvernements à financer leurs déficits budgétaires. Dans l’ensemble, nous pensons que la génération de revenus durables reste un enjeu crucial pour nos clients et, par conséquent, une priorité en ce qui nous concerne. Pour les investisseurs institutionnels, cela fait naître le besoin de concevoir des portefeuilles qui reflètent mieux le compromis entre liquidité et rendement, sur la base d’une meilleure compréhension des besoins de trésorerie. Pour nos clients particuliers, il s’agit d’élargir nos sources de revenus afin de réduire la volatilité des portefeuilles car les investisseurs sont contraints de prendre plus de risques dans leur quête de rendement.

Les bouleversements technologiques constituaient déjà une caractéristique importante du paysage de l’investissement avant la Covid-19 mais, comme chacun sait, nous avons observé une accélération spectaculaire dans ce domaine en 2020. Par exemple, les achats en ligne ont explosé, faisant chuter encore davantage les achats dans les magasins classiques. La Covid-19 ayant démontré que dans de nombreux cas le télétravail était possible, les entreprises sont en train de repenser leurs modes d’organisation et de localisation des effectifs. Les modes de déplacement étaient déjà remis en question d’un point de vue environnemental et, là encore, la Covid-19 a servi à mettre en lumière ce qui peut être évité, en particulier en termes de déplacements professionnels. Ces forces perturbatrices suggèrent que les indices ne sont peut-être pas la meilleure façon de saisir les opportunités et chez Schroders nous nous concentrons sur le développement de stratégies thématiques pour exploiter ces idées.

Enfin, il est également intéressant de noter que la pandémie a aussi encouragé le développement de l’investissement durable, et en particulier des préoccupations environnementales. Par exemple, les autorités européennes ont fait face à la crise en intensifiant leurs efforts en matière d’infrastructures écologiques. La conscience sociale demande un changement aussi bien en matière d’environnement que d’inclusion. Cela met une pression sur l’agenda politique et le coût que les entreprises font peser sur la société est de plus en plus surveillé. Le coût social des entreprises sur la société est en train de devenir un coût financier pour les entreprises en raison des réglementations ; en substance, « l’impact » que les entreprises ont sur la société constitue à nos yeux une troisième dimension de risque. Notre obligation fiduciaire en tant que gestionnaire d’actifs nous impose de comprendre cette nouvelle dimension de risque et d’adapter nos portefeuilles en conséquence.

En résumé, alors que nous sortons de notre hibernation forcée, nous sommes à nouveau confrontés aux défis auxquels nous faisons face depuis plusieurs années avec un sentiment renouvelé d’urgence à trouver des solutions pour nos clients et la société qui puissent vraiment résister à l’épreuve du temps.

Johanna Kyrklund
Group Chief Investment Officer
Schroders

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