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ESG : Une connexion totale avec la performance

La nouvelle réglementation imposant aux investisseurs institutionnels de faire état de la prise en compte des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leurs décisions d'investissement a suscité un fort engouement en France.

Conséquence directe de cette réglementation, la demande s'est fortement accrue au cours des deux dernières années.

Eric Van La Beck
Director of research and development for sustainable and responsible investment at OFI-AM

Éthique ou durable

Il reste donc un important travail éducatif à conduire. La première question à maîtriser pour les investisseurs est la différence entre investissement éthique et durable. Un investissement éthique se fonde sur les convictions personnelles quant à la moralité des différents secteurs et tend à conduire à des stratégies d'exclusion en vertu desquelles les investisseurs refusent tout simplement de consacrer des fonds à des secteurs donnés, comme l'armement ou le tabac par exemple.

La plupart des clients sont arrivés à la conclusion qu'ils ne pouvaient pas rester sans rien faire et se sont résolus à ce type d'exclusions.

Eric Van La Beck

Investissement durable

L'investissement durable se fonde lui sur la conviction qu'une analyse au-delà de l'information financière traditionnelle peut servir à améliorer les résultats d'investissement. Il en découle l'absence de compromis entre faire bien et donner des résultats à moyen comme à long terme.

« De notre point de vue, l'ESG est totalement connecté à 100 % à la performance » déclare M. Van La Beck. « Nous avons conduit des études en interne et le delta [la différence de performance] entre la meilleure catégorie et la moins bonne est absolument stupéfiant. »

« Pour nous, le débat est dépassé. C'est une stratégie de projection dans l'avenir. »

 

La « meilleure » stratégie à laquelle il se rapporte ici implique la comparaison entre des sociétés d'un secteur sur la base de leur performance ESG. La difficulté à ce stade, comme pour la plupart des stratégies d’investissement, consiste à trouver des données comparables pour ces entreprises.

Besoin de données compatibles et d'engagement

« La France est largement en avance à cet égard, en particulier concernant l'information sur l'empreinte carbone des entreprises » précise M. Van La Beck qui accorde le crédit de cette évolution à la loi sur la transition énergétique. « L'Union européenne doit suivre cette voie - nous avons besoin de données cohérentes et homogènes. »

Pour être justes à l'égard des investisseurs inexpérimentés qui ont opté tout de suite pour l'exclusion, l'ISR peut également se caractériser par la considération d'un secteur tout entier comme étant non durable ou par sa mise à l'écart par la réglementation. En France (et dans d'autres pays), il est interdit d'investir dans des entreprises qui produisent des mines anti-personnel et des munitions à fragmentation. Par ailleurs, OFI-AM a décidé que le secteur du charbon thermique ne sera plus rentable longtemps et est donc non durable par définition.

Les portefeuilles ISR ne sous-performent pas leurs homologues traditionnels mais les investisseurs doivent-ils supporter le coût de toute l'analyse supplémentaire ? Chaque gérant de fonds fixe ses propres règles à cet égard mais OFI-AM absorbe les coûts additionnels de la recherche. Le seul supplément à la charge des investisseurs est le coût de suivi des controverses dont font l'objet les sociétés du portefeuille.

L'autre grande attente de la part des investisseurs est l'engagement, que ce soit au plan éthique ou du changement climatique.

Mr van La Beck

La sensibilisation croissante au Pacte mondial des Nations Unies qui fait appel au respect par les entreprises des principes des droits de l'homme, du travail et de l'environnement, a alimenté cette exigence d'engagement selon M. M. Van La Beck. « Six de ces dix principes sont liés aux droits de l'homme ou du travail. Cette réalité trouve une résonance forte à l'oreille des investisseurs français. »

M. Van La Beck espère que la prochaine étape sera « une exigence croissante des autorités de contrôle à l'égard du portefeuille concernant l'alignement sur la limite de réchauffement à 2 degrés Celsius ». Dans un tel cas, les investisseurs devraient alors justifier la construction de leur portefeuille de manière à performer tout en contribuant à un monde où le changement climatique se limite à une hausse des températures de 2 degrés.

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